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Actualités du monde littéraire

Publié le lundi 09 juillet 2012 par L'éQUIPE PILUKE.COM

L’agent littéraire a-t-il un avenir en France ?

Agents d’acteurs, de sportifs ou de mannequins… Il y aurait plus de 700 agents artistiques titulaires d’une licence. Mais il en va autrement lorsqu’il s’agit d’agents d’écrivains. En France, on peut compter le nombre d’agents littéraires sur les doigts de deux mains (ajoutez-y quelques doigts de pied). Une situation foncièrement différente du reste de l’Europe. Nième facette de l’indécrottable exception culturelle française ? Eh bien ce n’est pas si sûr ! Certains signes semblent indiquer que les choses sont en train de changer.


L’agent littéraire négocie pour vous et se rémunère via un pourcentage sur les cessions qu’il a négociées. Jamais de rémunération avant que l'auteur n'ait signé un contrat d'édition. Même si ses services ne s’arrêtent pas là : Travail éditorial, recherche d’éditeurs, négociation avec les éditeurs, établissement du contrat et suivi des comptes, du marketing et de la communication. Voilà peu ou prou ce que l’agent effectuera pour le compte de son client.

L'agent littéraire, un intermédiaire parmi d'autres ?

La profession n’a pas de statut officiel. Contrairement à l’agent artistique, dont la commission est réglementée à 10 %, l’agent littéraire fixe la sienne. Dans la pratique, elle tourne autour de 10 à 20 % des droits d’auteur.

En fait de nombreux intermédiaires recommandent des manuscrits aux éditeurs : Directeurs de collections, apporteurs d’affaires, lecteurs, conseillers, traducteurs, auteurs... Juliette Joste l’affirme (dans son étude : Réalités et perspectives de l’agent littéraire en France. Téléchargeable sur le site du MOTIF) : "Le pourcentage de titres publiés après être arrivés directement au service des manuscrits des éditeurs est réputé très faible. La plupart des ouvrages retenus parviennent à l’éditeur par recommandation, c’est-à-dire par le biais d’un intermédiaire."

Que l’Edition ait besoin d’intermédiaires pour dénicher les perles rares n’a rien de surprenant. A ceci près que dans tous les pays occidentaux, ces intermédiaires exercent un métier reconnu : Agent littéraire. Or le SNE (Syndicat National de l’Edition) ne mâche pas ses mots concernant les agents littéraires français : " Le travail de recherche des nouveaux agents est nul. Leur intérêt porte essentiellement sur ceux de nos écrivains dont les livres se vendent. "

Les maisons d'édition ouvertes sur le rôle de l'agent littéraire

Au sein de Piluke.com, nous nous sommes fait la réflexion suivante : Arrivé-là, deux réactions possibles. Soit on change de métier, soit on se dit que le monde de l’édition est un océan d’opportunités…

Or la perception des agents est en complète évolution. Juliette Joste écrit à ce sujet : "Francis Esménard, P-DG des éditions Albin Michel et longtemps fer de lance du front anti-agents, se présente désormais comme un converti. (…) De fait la plupart des éditeurs adoptent une position pragmatique que synthétise Vera Michalski, P-DG du groupe Libella : Comme la majorité de nos confrères, nous préférons traiter directement avec les auteurs. Mais si, pour son bien-être, l’auteur préfère passer par un agent, je n’ai pas d’opposition. (…) Par ailleurs les jeunes éditeurs semblent ouverts aux agents. Dans certaines maisons, on est face à des directeurs littéraires formés par les écoles de commerce plutôt qu’à Normale Sup : avec eux, la relation est excellente." Nous voilà rassurés. Au final la position des éditeurs semblent se résumer à travers cette citation de Philippe Rey des éditions du même nom : "Si les agents dénichent des auteurs, je suis d’accord, pourvu que ce soit l’éditeur qui fasse le travail sur le texte. Je travaille jusqu’à quatre versions d’un même roman. Aucun agent ne ferait une chose pareille."

 

 

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Les écrivains sont de plus en plus intéressés par leurs services

Par ailleurs les récents phénomènes de concentration de l’édition semblent mettre à mal le système de la péréquation qui avait cours jusqu'alors. Un principe de mutualisation des risques selon lequel les Gros financent les Petits. L’éditeur prenant un risque en publiant un Petit, lorsque celui-ci devient Gros (c’est-à-dire rentable), les bénéfices sont réinvestis sur la publication d’un nouveau Petit. Et ainsi de suite. Or aujourd’hui l’Edition se normalise et se rapproche des règles de gestion classiques. Chaque livre doit générer sa propre rentabilité. Dans ces conditions, la présence d’un agent comme premier filtre pour appréhender la qualité ou le succès potentiel d’un livre prend du sens.

Et les écrivains eux-mêmes ? La rumeur les prétend frileux vis-à-vis des agents littéraires. Or une étude menée en 2009 par la Société civile des auteurs multimédias (SCAM) auprès de ses adhérents montre que 40% des répondants se sont déclarés non satisfaits des relations avec leur éditeur. Par ailleurs 85% des répondants pensaient que la fonction d’agent littéraire devait être développée en France.

Dénicheur de talent et... de succès !

En tout état de cause, la situation de l’auteur est la même envers l’agent qu’envers l’éditeur : il est le demandeur attendant une réponse. Les agents littéraires ne démarchent pas. Au contraire ils insistent sur l’aspect émotionnel de leurs choix. Ces derniers sont en général à leur image. Un fonctionnement qui ressemble en tout point à celui d’un éditeur. Veuillez noter cependant l’exception notable de Piluke.com qui s’appuie sur le choix des lecteurs pour opérer sa sélection. Une volonté délibérée d’associer ces derniers aux choix éditoriaux afin d’éviter les partis pris littéraires.

Pour finir, la montée en puissance du livre numérique fait entrer une nouvelle donnée dans le débat : la gestion des droits numériques. Pour nombre d’auteurs, il s’agit d’un casse-tête dont il se passerait volontiers.

Face aux enjeux des éditeurs et des auteurs, la majorité des acteurs du secteur s'accorde sur un rôle de plus en plus déterminant de l'agent littéraire. Son positionnement sera-t-il exactement le même que dans les autres pays occidentaux ? En quoi l’évolution de l’Edition va-t-elle dicter ce dernier ? Deux écoles coexistent déjà : l’agent littéraire effectuant un travail éditorial important et celui qui considère que ce travail demeure une prérogative de l’éditeur. Piluke.com appartient plutôt à cette deuxième catégorie. Face aux changements du secteur et aux enjeux qu’ils soulèvent, il nous semble que notre rôle consiste aussi à permettre aux éditeurs de continuer à assumer leurs choix littéraires tout en disposant de plus de certitudes sur le potentiel commercial des œuvres qu’ils éditent. Nous expliquons cela aux auteurs ici-même.

 

L’équipe Piluke.com

Cet article a été écrit grâce à la remarquable étude de Juliette Joste citée dans cet article. Nous la remercions.

 

 

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